1991 – Scrambler Yearling

Du gros tube alu, des bases plus que courtes et une fourche hydropneumatique… Le Scrambler Line possédait toutes les caractéristiques des VTT US les plus radicaux du moment, à la seule différence qu’il avait été conçu et réalisé en France.

I

1991 Scrambler Line Yearling

  • Origine : France
  • Cadre : Aluminium 6106 Pechiney
  • Fourche : Cutting Steel air huile
  • Périphériques : Scrambler Line – Sella Italia Flite
  • Transmission : Shimano XT M735
  • Freins : Shimano XT M735
  • Roues : Rigida – Shimano XT M735 – Michelin

 

Le Scrambler Yearling est une véritable chimère du VTT.
Les consonances de son nom, son allure bodybuildée très américaine et son arrière ultra court aux bases relevées, cachent bien une conception et une
fabrication française en alu Pechiney bien de chez nous. De plus, rares sont ceux qui ont aperçu ce vélo en dehors des quelques photos  de magazine et l’interrogation demeure sur sa production et commercialisation.
Pourtant le Yearling a bel et bien existé, et fut même aligné à quelques courses dont la Corsica bike de 1991 avec quelques soucis de fiabilité qui entretiendront le mystère.

Concurrencer les américains sur leur propre terrain…
Et cette fois-ci, tout commence par la fourche.  En 1990, Christian Taillefer ramène dans ses bagages la dernière nouveauté des championnats du monde de Durango, la RockShox RS1, pour l’étudier et développer sa propre fourche à suspension : la Cutting Steel. Elle sera rigide ou télescopique selon les jambes fixées sur le té et servira de base pour le Yearling. Au passage, on récupère quelques bonnes idées des productions outre-atlantique du moment : les bases relevées et raccourcies à 398mm comme sur les Alpinestar ou autre Gary Fisher Montare, un jeu de direction surdimensionné à faire pâlir de jalousie un Klein Attitude et des tubes alu de 40mm de section, garants d’une rigidité au delà de la moyenne. Les bases et haubans sont remplacés par deux énormes tubes situés dans le prolongement d’un tube horizontal  hyper sloping : Le vélo est bas et compact pour faciliter la maniabilité. Bien-sûr, comme tout Scrambler, le cadre est poli comme du miroir et exhibe outrageusement ses énormes cordons de soudure.

Les bikers dont le cheval est aussi leur dada le savent: Un yearling est un jeune pur-sang né dans l’année.
Un yearling est encore sauvage et dès les premiers tours de roues,
le ton est donné : chaque coup de pédale pousse au cul comme un dragster et la moindre accélération est une invitation au wheeling. Le vélo est génial dans les grimpettes à condition de bien plaquer l’avant au sol. Le Yearling se révèle dans les petits singletracks sinueux où sa maniabilité  sa précision font merveille mais dès qu’une descente s’amorce, bonjour ruades et autres coups de raquette ! Jeunes bikers habitués aux dociles tout-mou actuels, passez votre chemin. Amateurs de Rodéo et de sensations fortes, soyez les bienvenus !
Oublions les étiquettes et autre désignations. En 1991, il était possible de s’engager en XC ou en descente sur une même machine et si le Yearling a été mis au point par un descendeur hors pair, il se montre plus aussi polyvalent et ludique que le second modèle de chez Scrambler, le Thévenard, destiné au Cross pur et dur.

Autour du Yearling, nombreuses furent les questions.        
Trop en avance pour son temps ? Une fabrication et une mise au point trop délicate ? Un comportement trop radical pour le commun des vététistes ? le Yearling connaîtra une très courte carrière et quelques images fugitives dans les magazines suffiront à créer sa légende. La fourche Cutting Steel restera et se développera. Le Yearling se métamorphosera en Taillefer avec un arrière plus classique et plus long, tout en gardant quelques particularités comme l’énorme jeu de direction intégré et les éternels tubes en alu Pechiney.
Mais leur Yearling aura surtout prouvé que l’effervescence créative du début des 90 n’était pas qu’américaine.