1991 – Ferraroli California

La référence en XC des meilleurs pilotes européens à la fin des années 80 et au début des 90. Fabriqué sur mesure uniquement dans les ateliers suisse d’Alain Ferraroli.

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1991 Ferraroli California

  • Origine : Suisse
  • Cadre : Acier Chromo Tange Prestige à raccords brasés à l’argent
  • Fourche : Acier Chromo Tange Prestige brasé à l’argent sur raccord Cinelli
  • Périphériques : Ritchey Barflex
  • Transmission : Shimano XT M735
  • Freins : Ritchey
  • Roues : Mavic – Shimano XT M735 – Ritchey

 

Le Ferraroli California est larchétype du VTT classique de la fin des années 80. Déjà, en 1991, bon nombre de constructeurs avaient adopté les gros tubes,
la soudure TIG, et les géométries sloping.
Le California était aux antipodes, fuyant tout effet de mode : tubes en acier de petit diamètre, assemblage par  raccords brasés à “l’ancienne” et une géométrie qui semble inspirée
des vélos de route des années 70, avec une faible sortie de selle, des bases longues et
un tube horizontal… plus qu’horizontal !
Quelques touches d’orange fluo viennent égayer une apparence quelque peu austère.  Pourtant,ce modèle a équipé bon nombre de compétiteurs, et pas des moindres : Jacques Devi qui l’emmena sur la 3e marche du podium des championnats du monde en 1987.
Le California était la référence, le must.
En effet, son aspect quelque peu éloigné
des canons habituels, cache un vélo de compétition performant, réalisé telle une pièce d’horlogerie. Son concepteur suisse, Alain Ferraroli ne faisait aucun compromis sur la qualité de fabrication et privilégiait des solutions techniques éprouvées depuis des années. Des années 80 au début des années 90, les Ferraroli, ont très peu évolué : pourquoi changer une machine qui fonctionne en suivant les dernières trouvailles à la mode ? Ses vélos étaient fabriqués sur-mesure, adaptés au mieux à l’usage et à la morphologie du futur propriétaire.

Le Ferraroli California était le modèle haut de gamme. Les 11 tubes sont en acier Tange Prestige réputés pour leur élasticité, leur résistance, et une relative légèreté due à une épaisseur variant de 6 à 8/10e de millimètre. L’assemblage par raccords, brasés à l’aide d’un alliage à base d’argent dont la température de fusion ne dépasse pas les 600°, n’altère pas les qualités initiales des tubes. La fourche est réalisée dans la même technique. Avec des fourreaux spécifiques commandés chez Tange, et une tête microfusion Cinelli. Seules touches high tech : le cintre Barflex et la tige de selle Seatflex en carbone kevlar, et fabriqués en Suisse. 

Le carbone, alors réputé pour son extrême raideur en 1991, est ici utilisé de manière à offrir beaucoup d’élasticité, et agit comme une suspension. Le cintre est siglé Ferraroli et possède un angle de 12° pour accentuer le confort.

Le Ferraroli California cache bien son jeu. La position est confortable, bien équilibrée, en opposition à celles proposées par les productions américaines aux tubes supérieurs si long. Le cadre est vivant et étonnamment performant. Le vélo est plutôt léger pour un acier, pourtant équipé sans composants exotiques (Juste un pédalier et un ensemble de freins “Ritchey Logic”, pour faire un clin d’œil à celui que l’on considérait comme son homologue américain). Les faux plats et les montées s’avalent avec rythme et facilité. Les bases longues de 430mm augmentent la motricité de la roue arrière. La fourche est très élastique et travaille en flexion sur les chocs comme si elle était en titane. En descente, le vélo est stable et sécurisant, mais le Ferraroli California n’est pas vraiment un jouet ; c’est un vélo efficace, taillé pour rouler
longtemps à son guidon.

 

Alain Ferraroli découvrit le Mountain bike ou Vélo de Montagne aux États-Unis, et créa sa société en 1978. Ancien coureur cycliste, et mécanicien de précision, il associa une rigueur de conception au travail classique de l’acier. Fabriqués sur mesure, et avec une finesse d’orfèvre, Ses vélos étaient comparés à des Rolls du VTT. Il n’était pas pour autant si réfractaire aux nouvelles technologies et quelques prototypes de softail en acier dont les tubes étaient recouverts de fibre carbone virent le jour vers 1995. Mais si l’aspect désuet de ses machines ne manquait pas d’un certain charme, la logique de l’innovation à tout prix et des concepts marketing semble l’avoir emporté sur sa conception originale du VTT, et la marque disparut.