1992 – Mountain Cycle San Andreas

Fourche inversée, freins à disque, cadre poutre alu… Le Mountain Cycle San Andreas fut le VTT le plus inspiré par la moto.
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1992 Mountain Cycle San Andreas

  • Conception : USA
  • Réalisation :  USA
  • Catégorie : Vintage (1990-1996)

Cadre-bras oscillant en caisson d’aluminium. Support de tige de selle en aluminium tubulaire rapporté et suspension arrière élastomère

Upside down (Inversée). Suspension par empilement d’élastomères

Jeu de direction Onza Mongo II 1″1/4

Potence Zoom Acier

Cintre Aluminium 3T

Pédalier Ritchey Logic 46-36-24dts – Boîtier Shimano

Dérailleur Ar Shimano Deore XT M735

Dérailleur Av Shimano Deore XT M735

Manettes Thumbshifter Shimano M735

Cassette Shimano HG 7V 14-32dts

Étriers Pro-Stop câble/hydraulique. Disques en alliage d’aluminium

Leviers Ritchey Logic

Tige de selle  Kalloy Uno Aluminium

Selle Ritchey Logic titane

Jantes Ritchey Vantage

Moyeux Mountain Cycle spécifiques pour disque à rayons tangents

Rayons Inox spécifiques

Pneus Ritchey Megabyte

Blocages Shimano

Le monde des génies créatifs du VTT se divise en deux catégories : les anciens cyclistes et les anciens motards. Avec son passé de pilote motocross puis de préparateur de suspension, partie cycle et moteur pour Kawasaki, Robert Reisinger appartient évidemment à la seconde catégorie. Donc, autant appliquer au VTT tout ce qui fonctionne dans la moto : Dès 1989, Robert Reisinger commet la Suspenders, la première fourche inversée de l’histoire du Mountain Bike et les freins à disque semi hydrauliques ProStop. 2 ans plus tard, avant que la communauté vététiste du moment ne se remette de ses émotions, Robert Reisinger dévoile son vélo complet : le San Andreas, taillé dans le plus pur style des motos GP de l’époque  avec un cadre alu caissonné, bras oscillant banane, et bien sûr, une fourche inversée et des freins à disque.

Personne n’est allé aussi loin et le San Andreas se démarque totalement des autres productions. Aussi, les vététistes du moment sont-ils divisés. Les descendeurs vont adorer alors que les crosseurs seront dubitatifs. Tout d’abord son poids. La fourche à elle seule dépasse les deux kilos avec son étrier de frein et le vélo complet frise les 13/14kg.
Mais à son guidon, le poids se fait oublier grâce à une rigidité encore jamais obtenu sur un tout suspendu et le rendement est plutôt bon. L’année suivante, Reisinger proposera même un San Andreas allégé sans fourche inversée Suspenders et sans freins à disques. Mais les crosseurs n’aiment pas être bousculés et préfèrent rester fidèles aux cadres classiques tubulaires. De plus, le San Andreas n’existe qu’en une seule taille et joue uniquement sur son support de selle amovible pour s’adapter au gabarit du pilote. Cet inconvénient est moins gênant en descente, où le San Andreas fait un tabac. Une ligne agressive très proche d’une moto, des freins à disques qui interpellent et surtout un comportement efficace à haute vitesse, prouvant que la suspension oblige à repenser le vélo à et sortir des sentiers battus. Aussi, l’année suivante, Cannondale dévoilera-t’il son SuperV à la philosophie proche du Mountain Cycle…

Seule entorse à la conception moto : les amortisseurs. Contrairement à la marque du Connecticut, Reisinger préfèrera utiliser l’élastomère aux combinés hydrauliques. La suspension arrière fonctionne sur le principe du cantilever en compressant un empilement de cylindres en poly-uréthane, interchangeables selon la dureté désirée. La fourche utilise aussi l’empilement de cylindres Poly-urethane et propose 5cm de débattement. Son absence d’arceau et sa conception UpsideDown indiqueraient une rigidité torsionnelle de chewing-gum. Que nenni ! La qualité des bagues de guidage, la fixation de la roue par vissage et le diamètre monstrueux des fourreaux propulse la Suspenders parmi les fourche télescopiques les plus précises du moment mais impliquent l’utilisation du frein à disque maison ProStop. Visuellement, l’avant est toujours d’actualité et l’énorme diamètre du disque alu interpelle encore les vététistes. Le seul élément hydraulique du vélo se situe dans les étriers de freins. Pourtant, ces derniers sont actionnés par câble et des leviers classiques. Le ProStop sera repris par Gary Fisher sur son RS1 et par Answer sur sa fourche Accu-trax, en se positionnant comme le premier frein à disque VTT du marché. Au départ, Mountain-Cycles utilsait les moyeux Bullseye, sur lesquels les disques venaient se visser. En 1993, les moyeux sont fabriqués par Pulstar et utilisent des rayons à têtes droites tangenciels, plus résistants aux efforts du freinage à disque et toujours d’actualité sur bon nombre de roues VTT.

Robert Reisinger a su analyser tout ce qui fonctionne sur une moto pour l’adapter au VTT. L’idée paraît simple mais la réaliser est une prouesse, surtout en ayant développé des concepts encore d’actualité. Le Mountain Cycles San Andreas cache bien son âge en intriguant toujours et encore les vététistes modernes.

Références : Mountain Bike Action Vol1 Janvier 1992, Vol5 Mai 1993 – VéloVert n°35 Mai 1993 – VTT Magazine n°43 Novembre 1992, n°44 Décembre 1992, n°55 Novembre 1993