1990 – FatChance YoEddy

Les américains de l’Est ont plus de soucis que leur congénères californien avec la boue. Le Yo Eddy a été créé pour un super dégagement des roues et pour pouvoir utiliser les plus grosses sections de pneu de l’époque tout en étant hyper performant.

I

1990
Fat Chance
Yo Eddy

  • Origine : USA
  • Cadre : Acier Chromo True Temper
  • Fourche : Acier Chromo True Temper
  • Périphériques : Fat Chance Ibis – USE titanium – Sella Italia Turbo
  • Transmission : Mavic – Cook
  • Freins : Dia Compe
  • Roues : Mavic

Mais qui est Yo Eddy? C’est le petit personnage emblématique de Fat City,  créé par un employé Mike Papaconstantine. Mélange de tête de punk et de drapeau pirate, il représente bien l’esprit des créations de Chris Chance: une bonne dose d’humour décalé, de Rock’n Roll, associé  à une grande maîtrise de la géométrie et du poste à souder TIG.

Le Fat Chance Yo Eddy est un pur produit américain. Les tubes en acier True Temper sont coupés, cintrés puis soudés à Somerville dans le Massachusetts, juste à côté d’une autre société incontournable du vélo: le spécialiste du titane, Merlin Metalworks. À la différence de la plupart des grandes marques de mountain bike, souvent basées en Californie ou au Colorado, Fat City est un pur fabricant Est américain:  les géométries sont plus basses, parfois plus radicales et surtout, les cadres possèdent un bon dégagement de la boue. Le Fat Chance Yo Eddy était dessiné pour recevoir des pneus des plus grosses sections (comme les plus gros pneus de l’époque, les Ground Control Extreme 2.5 de chez Specialized!). Tous les passages de câbles sont situés sur le tube supérieur. Les bases sont asymétriques, et le boîtier de pédalier est réduit à sa plus simple expression avec deux roulements emmanchés de part et d’autre. Les soudures TIG sont fines et régulières, preuve d’une grande maîtrise. Chris Chance préférait ce mode d’assemblage, beaucoup plus léger que les raccords brasés mais aussi plus délicat à réaliser sur les fines épaisseurs des tubes d’acier. Le Yo Eddy pèse moins de 12 kg. Une prouesse en 1991, et sans pour autant sacrifier la solidité: quelques renforts sont prévus aux endroits stratégiques, comme à l’arrière de la douille
de direction ou entre les haubans. Mais la particularité
du vélo reste sa fourche droite à tête segmentée spécifique. Son déport réduit à 38mm associé à un angle de direction de 71°, donne réactivité et précision au pilotage au vélo. Mais si le Fat Chance Yo-Eddy est un pur vélo de compétition, il n’en garde pas moins l’esprit humoristique de Fat City: Choix typographique et des graphismes inspirés des comics américains, quelques “Yo Eddy” par-ci par-là, apposés sur une peinture vert/jaune fluo unie (appelée “Grelo”) des plus radicale.

Le Yo Eddy possède la fermeté d’un cadre aluminium sans toutefois perdre de l’élasticité de l’acier. Véritable BMX, Le vélo est vif et donne l’envie d’attaquer à chaque virage. La fourche demande une attention de tous les instants, tant elle réagit à la moindre sollicitation du guidon. Mais le vélo reste confortable, grâce à la tige de selle USE titane et les gros pneus Fisher Fattrax de 2.2 de section. Pour la petite anecdote: la potence Ibis titane a été réalisée par Gary Helfricht. Maître cadreur chez Fat City avant de créer le premier VTT en titane en 1986, il participera à la fondation de la société Merlin Metalworks.

Chris Chance créa Fat City en 1977 lorsqu’il commença à fabriquer ses premiers cadres, réputés pour leur solidité
et la qualité de leur réalisation. Ce n’est qu’en 1982 qu’il réalisera le premier vélo tout-terrain.  En 1984, il abandonna le chalumeau pour se spécialiser dans la soudure TIG et en faire son cheval de bataille. Mais si un Fat Chance titane était commercialisé à partir de 1993, Chris Chance se consacra essentiellement à l’acier, et ce jusqu’en 1999.
Fat City sera rachetée par une holding en 1994. La société va quitter Somerville pour s’installer dans l’état de New-York chez Serrotta. Mais quelques irréductibles employés vont s’associer pour créer ”Independant fabrication” et continuer ainsi la fabrication de ces vélos au caractère si particulier.