1988 – Ibis Carbon Ti

Une des plus étonnante et rare réalisation de Scot Nicol, associant fibre de carbone et acier. 4 exemplaires auront été fabriqués.

 

Photos ©CR Consulting – Unospeedo

I

1988 - Ibis Carbon Ti

  • Origine USA

  • Cadre Tubes carbone – raccords acier Chromo
  • Fourche Acier Chromo Type II

  • Périphériques Ibis – Sella Italia Turbo

  • Transmission Shimano Deore XT

  • Freins Shimano Deore XT

  • Roues Shimano Deore XT

Scot Nicols est un prestidigitateur. Le fondateur d’Ibis est toujours là où on ne l’attend pas, prêt à s’essayer aux nouvelles technologies pour sortir de son chapeau, des VTT des plus magiques.
En 1988, le carbone pointe le bout de son nez et mis à part Trimble et Kestrel qui osent le moulage, la technique la plus simple et la plus accessible pour la majorité des cadreurs pour travailler ces nouvelles fibres consistait à souder un cadre en respectant la géométrie voulue, puis de le découper pour créer des raccords et remplacer les tubes métalliques par leurs homologues en composite. Pour finir, on colle le tout avec des colles époxy. On retrouve ce procédé chez Specialized et son Epic Ultimate, Yeti et son C26 et chez Mécacycles avec son modèle Turbo, vainqueur du Paris Gao Dakar. Le procédé est des plus artisanaux et un cadreur de talent est indispensable à son bon déroulement, qu’il s’appelle Chris Herting chez Yeti, Raymond Crozet chez Mécacycles ou Scot Nicol…
Et c’est là que le Gourou d’Ibis nous commet son premier tour d’illusionniste. Sur le site web français, il est clamé qu’Ibis avait réalisé le vélo sur lequel Ned Overend a été champion du Monde, c’est à dire le Specialized bis Ultimate. D’un coup, la génèse entre l’Ibis Carbon Ti et le Specialized se révèle et toutes sortes de spéculations se développent dans nos pensées. Autant vérifier et soumettre Scot Nicols à la questionnette. Voici la réponse de l’intéressé : “Nous n’avons pas construit l’Epic Ultimate, même s’il nous est arrivé de sous-traiter des Specialized”… D’un coup, nos théories s’écroulent mais le mystère persiste.

Toutefois, Scot est formel sur deux points : seulement 4 exemplaires du Carbon Ti ont été fabriqués et contrairement à son nom, les raccords et le triangle arrière ne sont pas en titane mais en acier, soudo brasés et chromés. Toujours cette facette facétieuse de Scot Nicols qui nous amène toujours là où on ne l’attend pas. D’aillleurs, ce vélo à la finition exceptionnelle s’appellera aussi Carbon 14. Les tubes carbone au tressage visible sont vernis et s’inserrent dans des raccords plutôt longs pour augmenter les surfaces de collage. Le collage composite/métal en était encore qu’à ses balbutiements et personne ne pouvait réellement s’engager sur sa solidité. On note la très longue potence Ibis qui préfigure le futur système headset sans plongeur ainsi que la fabuleuse fourche Type2 soudée par Steve Potts. Pour s’harmoniser avec le cadre, la tête sera chromée et les jambes teintées en noir carbone. Pour le reste, nous restons dans du classique avec un groupe complet Shimano XT M730 et son pédalier à plateaux ovales Biopace.
Le Carbon Ti entretient lemystère de sa génèse et reste un des plus beaux VTT réalisés. Depuis cette machine extraordinaire, Ibis, ne cessera d’explorer tous les matériaux comme l’acier, l’alu et le titane pour revenir au carbone presque 20 ans plus tard et devenir un fer de lance prestigieux d’un matériau plus que jamais d’actualité.